Devons-nous inciter les frères et sœurs à rejoindre la Voie des Ancêtres ?


L’effet de Masse, l’opinion de la Masse, la force de la Masse populaire sont de tout temps les leviers déclencheurs de mouvements et de croyances qui en se généralisant et en perdurant finissent par détruire le libre arbitre mais aussi et surtout la responsabilité individuelle.

Inciter quelqu’un à faire quelque chose, c’est l’encourager à suivre une voie, à accepter un avis ou à adopter une attitude précise.


L’incitation doit revêtir à nos yeux ce qu’elle signifie exactement : suggérer avec sollicitude à nos compatriotes de rejoindre la Voie de nos Ancêtres. Mais très souvent ce simple acte qui doit rester « généreux » se transforme en véritable chasse et dénonciation du chrétien ou du musulman. Dès lors, nous traitons tous ceux qui tardent à nous rejoindre dans la voie ancestrale de perdus d’aliénés, de vendus et d’esclaves.

Dans notre souci d’imposer nos cultes, nous oublions deux terribles réalités et vérités incontournables :

1 – Nous avons tous été, à un moment ou à un autre, catholiques, protestants, musulmans car héritiers de parents chrétiens ou musulmans.

2 – Nous avons dans nos familles des chrétiens et très souvent même nos propres parents le sont encore. Ils assistent aux offices religieux. Et quand ils décèdent, nous sommes impuissants à imposer nos diktats cultuels et traditionnels pour la conduite de leurs obsèques.

Alors pourquoi oublions-nous ces deux faits irréfutables pour insulter, invectiver et mépriser des inconnus, parce qu’ils sont encore dans ces religions importées ?


Qu’avons-nous à leur offrir si d’aventure ils délaissaient ces puissants égrégores vieux de plusieurs siècles, pour nous rejoindre dans la pratique de nos cultes que nous exhumons avec beaucoup de maladresses, il faut bien le reconnaître, des cendres esclavagistes et coloniales sous lesquelles ils furent ensevelis avec plus ou moins de succès ?

Nous ne possédons pas le pouvoir d’obliger quiconque à revenir dans nos cultes. Nous ne pouvons pas davantage déclarer que ceux qui demeurent dans les religions révélées sont perdus ou damnés. D'une part, en formulant de tels décrets, nous commettons exactement les mêmes erreurs, dues à l’ignorance, que bon nombre de chrétiens et de musulmans, qui demeurent convaincus que le salut de l’âme est uniquement possible dans leurs religions respectives.

D'autre part, en vouant aux gémonies ces compatriotes, nous damnons et condamnons de même nos mères, nos pères, nos frères, sœurs, époux et épouses également pratiquants de ces religions.

Soyons intelligents et montrons-nous fin connaisseurs des lois de l’Univers et de l’histoire de l’humanité.

Incitons ceux qui nous sont proches à nous rejoindre dans nos cultes tout en respectant leur libre-arbitre. Nul n’a pour mission de sauver ses congénères car aucun de nous n’a l’assurance d’être possesseur d’une vérité unique. Évitons des prises de position traduisant notre mépris envers ceux qui cheminent dans les voies religieuses importées.

Il y a un temps d’éveil pour chacun.

Et ce temps n’est jamais le même pour nous tous.

Songeons toujours qu’avant de revenir à nos cultes ancestraux, nous fûmes, pour la grande majorité, catholiques, protestants ou musulmans

Incitons avec les bonnes manières. Parlons de notre spiritualité. Assumons notre identité culturelle et cultuelle avec dignité et fierté.

Plus nous nous comportons comme des avisés éveillés, attentifs et efficaces, plus nous donnons à nos compatriotes grande envie de redécouvrir les valeurs ancestrales.

Plus nous exhibons avec brusquerie nos savoirs anciens, en insultant, méprisant et maudissant sans raison valable des inconnus, moins nous rendons vraiment service à notre propre cause.

Incitons, encore et toujours. Mais respectons la liberté de choix de chacun.

Il y a à l’œuvre une force invisible qui travaille à l’émergence triomphante de nos cultes anciens. Ne l’altérons pas dans un prosélytisme agressif dénué de substance nutritive.



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